MOT, AÏ, BA ...... YO OOO!!! WELCOME AU VIETNAM !!!!!


ATTENTION LES "NIAKWÉS", NOUS SOMMES DE RETOUR !

Malgré sa proximité, on sent tout de suite à LAO CAI qu'on n'est plus en Chine, tout change, le comportement des gens, l'ambiance dans la rue, le ton léger, le bruit, on a un ressenti de joie de vivre qu'il n'y a pas à quelques kilomètres, la ville n'est pas désagréable du tout, mais malgré cela on n'a pas envie de s'y attarder, c'est un peu de par sa position une plaque tournante surtout orientée vers SAPA, haut lieu de tourisme local et international.
Le choix de notre hôtel est bon, nous sommes dans le centre à côté de la gare, prêts à partir le lendemain pour une redécouverte d'une partie du Vietnam Nord longeant la frontière chinoise, demain nous partons donc pour HA GHIAN (prononcez AZIAN !) 
L'organisation des voyages en bus est des plus simples au Vietnam, il suffit d'en parler à la réception en même temps que des horaires et évidemment du tarif et ils s'occupent de tout. 
Le bus vient vous prendre à l'hôtel, fait un peu de racolage en ville s'il n'est pas plein puis prend la route avec plus ou moins de prudence en fonction des régions et des conducteurs
Comme convenu le lendemain matin, nous attendons le bus à partir de 9h30, à 9h45, annoncé par un Klaxon tonitruant,  l'assistant du conducteur, toujours pressé dans ces cas là vient vous chercher, toujours dans la précipitation vous aide plus ou moins à charger les bagages et vous pousse à vite vous installer, Dominique monte, galanterie oblige, je la suis, elle s'installe devant, moi on m'ouvre un strapontin et avant de m'asseoir je jette un coup d'œil vers l'intérieur du bus pour voir un peu l'ambiance et là, du fond du coeur et sans retenue, il m'échappe un retentissant "OH MY GOD !!" Qui fait s'esclaffer tout le bus qui n'est rempli que d'occidentaux entassés dans tous les coins. Et je m'assois dépité plein de désarroi, en un dixième de seconde, on venait de voir plus d'occidentaux qu'en 30 jours en Chine ! 
À ma question "where're you from ?" J'ai entendu un timide "from England" et j'ai entendu mon voisin d'ajouter plein d'humour "it's supposed to be a local bus" Il ne pouvait pas mieux dire car d'un coup d'œil discret que je jette sur la vidéo qu'il est en train de regarder, je vois qu'elle est sous titrée en hébreu, que sa voisine lit un bouquin également dans cette langue, je me retourne et vois que le bus, pour je ne sais quelle raison, est à forte majorité Israëlienne, alors je me dis, in peto of course, il a raison, c'est un bus local mais "Jerusalem-Tel Aviv" et non "LAO CAI-HA GHIAN !"
Revenons quelques instants sur le comportement de mon voisin, alors que nous traversions des paysages splendides que nous n'avions pas vu du côté chinois, lui regardait sa vidéo, quand elle a été finie, il a dormi avec un masque de sommeil comme je n'en avais jamais vu, noir marquant la forme du nez, il faisait plus penser au vengeur masqué qu'à un gentil touriste assoupi. 
Quand Zorro a eu fini sa sieste, il a regardé ses photos à travers le viseur de son appareil de photos, conclusion il a raté les manguiers en fleurs, les jardinets de bord de route, les rizières fraîchement replantées etc... Il a raté tout ce qui nous a manqué en Chine : des paysages bucoliques, des buffles nonchalants à la place de carterpilars, des collines verdoyantes à la place de collines défigurées par les fraîches griffes des scrapers, une vraie nature que les Chinois sont en train de mettre à bas dans leur soucis de progrès, il est certain qu'à un moment, ils vont le regretter amèrement.
Pour en finir avec mes reproches sur la composition de ce bus, je dois ajouter que ce n'est pas la peine de venir aussi loin pour regarder une vidéo, son compte Facebook ou bien dormir.
De toutes les manières on voit tout de suite que cette bande de jeunes sont des professionnels de l'assoupissement, il n'est qu'à voir, ce que Dominique et moi, avec notre humour potache, appelons des coussins péteurs, ce ne sont pas ceux qui se gonflent mais ceux qui sont remplis de billes de polyéthylène qui sont plus agréables mais plus encombrants mais révélateurs d'un choix de vie : mieux dormir et ne rien voir !
De toutes les manières, les trois seuls vietnamiens du bus à eux seuls faisaient, comme d'habitude,  plus de bruit que tout le bus endormi !
Dominique a pour voisine une jeune fille dont les faux cils feraient pâlir Precillia "Reine du désert",  il doit falloir se lever une heure plutôt pour installer ces choses là, quant à la mienne alors que tous ont aux pieds de bonnes chaussures de marche, elle, elle se balade en tong avec des ongles manucurés en blanc nacré qui obligent à garder ses lunettes de soleil, il faut bien que jeunesse se passe, pense le vieux con !
Pour terminer le voyage en beauté, et ça c'est super, l'assistant du conducteur demande à tout le monde quel est son choix d'hébergement pour vous laisser juste devant au lieu de vous jeter comme de vieilles chaussettes à la gare routière avec un "démerde toi Simone !" 
Tout le monde a déjà pratiquement fait son choix sauf bien sûr une mijaurée qui ne sait pas où elle va  mais qui veut "la vue sur les rizières et un jardin", en pleine ville ça va être difficile, ça a bien fait rire un autre de mes voisins qui en descendant et en sachant où il allait m'a murmuré "j'espère qu'il va y avoir un jardin !"
Voilà le récit de ce premier voyage avec une bande de jeunes qui finalement n'était ni une colonie de vacances comme le disait Dominique, ni du même kibboutz  comme je le laissais supposer au début de mon récit.
Nous, on a nos habitudes, on est maso on retourne pour la quatrième fois dans notre hôtel aux lits durs ...qui cette année étaient, mystère, un peu moins durs 

À SUIVRE .../...


DONG VAN, le retour deux ans après. 

Comme convenu, le bus vient nous chercher à l'hôtel à 10h30 pour nous emmener à DONG VAN à 3 heures 30 d'ici. 
Comme nous étions debout relativement tôt à cause du petit déjeuner qui s'arrêtait à 8 heures (un groupe de touristes japonais passés avant nous ne nous a pas laissé grand-chose à manger) nous avons eu le temps d'aller déguster en ville notre premier café vietnamien, un vrai régal dans un petit café où régnait une belle ambiance matinale.
En Chine il nous avait fallu 2 semaines pour être tout retournés par l'égorgement d'une génisse, là au Vietnam il nous aura fallu à peine deux jours pour assister presque en direct à notre premier accidentel mortel de 2 roues, tous les ans on y a malheureusement droit. 
On a l'impression qu'ils sont nés sur un deux roues tant ils sont entassés dessus à n'importe quel âge, tant ils transportent n'importe quoi, tant ils sont agiles mais ils n'ont aucun souci du danger ni la plus élémentaire prudence, alors il arrive ce qui doit arriver tant qu'on leur aura pas inculquer une certaine éducation routière, on n'en a pas trop parlé avec Dominique, mais il est bien évident que nous avons eu du mal à nous en remettre.
En ville notre chauffeur de bus, Klaxon à fond comme il se doit, était bien agité et la vue de l'accident ne l'a pas trop calmé, il a "racolé" pendant un bon moment mais ne parvenant pas à remplir son bus, il est quand même parti pour Dong Van en se calmant un peu, sur cette route il valait mieux pour nous car ce parcours montagneux, si il est magnifique du début à la fin, n'est pas de tout repos, en plus la route est en train d'être agrandie et les travaux pour le moment n'arrangent pas les croisements, la loi du plus fort s'impose rapidement et ça, on n'aime pas trop surtout à la sortie des nombreux virages qui jalonnent le parcours.
Tout se passe bien quand même et on redécouvre les merveilleux paysages que nous avions déjà vus il y a deux ans et qui nous ramènent ici encore une fois. 
Sur cette route plutôt pourrie nous sommes tout surpris de dépasser, car notre chauffeur ne supporte pas d'avoir un autre véhicule devant lui, une flopée de vieilles voitures de luxe : Aston Martin DB7, Jaguar XR 150 et 140, Porsche 911 et plus anciennes, incroyable, nous comprendrons en arrivant à notre hôtel, il s'agit d'un rallye de voitures anciennes de luxe qui va de la Birmanie jusqu'à la baie d'Halong point ultime  de cette randonnée. 
Nous n'avions pas pu réserver une chambre à cause d'eux, ils ont squatté tout l'hôtel, ils sont quand même arrivés à nous en trouver une au rez-de-chaussée avec promesse d'une meilleure chambre pour le lendemain quand ils seront tous partis et ce fut le cas, donc tout va bien.
Le marché que nous avions raté a lieu le dimanche, aussi en attendant, le lendemain de notre arrivée nous louons une moto pour aller au point le plus septentrional du Vietnam où s'élève une tour avec un immense drapeau vietnamien flottant à son sommet semblant vouloir narguer le voisin chinois, belle route avec une conduite des plus prudentes, moi veillant à éviter les trous et Dominique en vigie annonçant les éventuels voitures et bus pouvant arriver de face imposant de ma part un arrêt systématique afin d'éviter tout danger, nous avons trop tremblé la veille pour les malheureux deux roues faisant face à notre bus.
Après l'ascension de la tour, en quête d'une autre route pour le retour qui n'existe pas, nous avons trouvé un "café" où nous nous sommes fait entreprendre par une jeune femme d'Hanoï qui s'investit avec une association dont elle s'occupe pour venir en aide aux "LOLO" ethnie d'origine tibétaine qui est venue s'installer dans cette région, contact très instructif et intéressant, si nous avions eu plus de temps nous aurions pu l'après midi aller voir le résultat de leur travail dans l'école voisine.
Nous sommes revenus tranquillement toujours émerveillés par les paysages traversés avec un arrêt pour que l'artiste puisse "croquer" un peu.
Ce matin comme prévu matinée passée au marché avec toutes ses ethnies qui viennent pour vendre leurs produits ou acheter ce qu'ils ne peuvent trouver dans leur montagne, un grand moment de couleurs, d'observation et de surprises.
Cet après midi longue marche dans la campagne sur les hauteurs qui entourent DÔNG VAN en face de la Chine qui se trouve juste au delà du fleuve qui coule dans le fond de la vallée, encore un grand moment de plaisir.
Sur le retour, à notre grande inquiétude, une femme accompagnée d'une autre est étendue au bon milieu du chemin, nous alertons les gens qui passent pour qu'ils aillent lui porter secours, un jeune s'avance vers nous pour nous rassurer le smartphone à la main où il est écrit "DRUNK" elle avait donc abusé depuis le matin de l'alcool vendu au marché et était saoule comme une barrique, ils l'ont aidée à se relever pour la faire cuver au bord du chemin ce qui est quand même plus prudent.
Cela a été pour moi le prétexte de rappeler à Dominique cette sentence "il vaut mieux être saoul que con .....  ça dure moins longtemps", et nous sommes entrés en ville en rigolant pour aller nous taper une bière en profitant des derniers rayons du soleil.
Demain, pour éviter de faire un aller-retour comme la dernière fois, comme il n'y a pas de bus desservant  notre prochaine destination, nous irons en taxi, comme les touristes que nous maudissons souvent !

À SUIVRE .../...

DONG VAN à BAO LAC

Nous voilà en train de jouer les touristes nantis, comme convenu, départ à 8h30, il se confirme qu'il vaut mieux venir deux fois sur le même site car la météo peut être capricieuse et c'est le cas ce jour : brouillard à couper au couteau avec une visibilité quasi nulle donc impossible de pouvoir apprécier les magnifiques paysages de montagnes karstiques traversés, on en rigole par gestes avec le conducteur qui à notre grande satisfaction conduit avec la plus grande prudence, donc de cette merveilleuse route nous n'aurons que les souvenirs d'il y a deux ans encore bien présents dans notre mémoire car nous l'avions faite à moto avec de multiples arrêts. 
A MEO VAC, petit arrêt café excellent comme il se doit au Vietnam, et là par le biais de Google traduction notre chauffeur, qui ne parle pas anglais,  nous demande : "EST CE QUE LES GRANDS PARENTS DORMIRONT A BAO LAC ? "
Avec les formules de politesse vietnamiennes, les pendules sont rapidement mises à l'heure en ce qui concerne l'âge ! Évidemment, c'est bien de nous dont il parle en disant "LES GRANDS PARENTS" car en vietnamien, la formule de politesse change en fonction de l'âge de celui à qui l'on s'adresse  et Google traduction n'a pas encore compris cette subtilité de la langue et quand l'interlocuteur s'adresse à des personnes "légèrement âgées" google traduit cela par "grands parents" c'est la deuxième fois qu'on nous fait le coup et cela nous fait perdre toute illusion d'un éventuel reste d'apparente jeunesse !
Toujours est il que les "grands parents" en question sont bien arrivés frais et dispo à leur étape de BAO LAC où grâce à notre chauffeur nous avons pu descendre dans un hôtel mieux que celui que nous avions repéré sur internet. 
Nous avons assisté à la fin d'un marché qui ne devait pas être mal avec des ethnies un peu différentes de celles que nous avions pu voir la veille.
En buvant notre café après notre repas, nous avons rencontré un français de mère vietnamienne et père français qui avait quitté l'Indochine en 1954 à l'âge d'un an et qui maintenant qu'il était à la retraite venait deux fois par an pour découvrir un pays qu'il n'avait jamais connu, renouant avec une partie de sa famille restée sur place malgré quelques difficulté de communication car en fait il ne possédait que quelques rudiments de sa langue maternelle.
En dehors du marché, la ville ne présente qu'un intérêt moyen, nous enchaînerons donc demain matin sans regret vers CAO BANG.

À SUIVRE .../...

BAO LAC à CAO BANG

Le temps est brumeux et légèrement frais, tout nous pousse à ne pas nous attarder à BAO LAC d'autant qu'une nouvelle fois cinq heures de bus nous attendent. 
Curieusement pour une fois le bus part sans être complet et ne s'attarde pas pour racoler d'éventuels passagers, d'une manière générale les vietnamiens n'aiment pas trop marcher et se font prendre par le bus en cours de route, quitte à le faire s'arrêter tous les 100 mètres.
Nous faisons une bonne vingtaine de kilomètres quasiment vide et là soudain à la sortie d'un village, le bus s'arrête, des palabres sans fin s'établissent entre de nouveaux venus attendant au bord de la route, visiblement on attend d'autres passagers en retard, plusieurs coups de fil sont passés, ils arrivent enfin de l'autre côté de la rivière et d'un coup le bus s'est rempli et l'assistant du conducteur peut commencer la distribution des sacs plastiques, les vietnamiens, principalement les femmes et les enfants ont le mal des transports. 
Cela se confirme une nouvelle fois, nous avons à peine fait quelques kilomètres qu'elles sont toutes, les pauvres, la tête dans les sacs en plastique, ces derniers terminant sans scrupule par la fenêtre, ce qui est un réel danger pour les éventuels passants et les passagers qui ont la malencontreuse idée de voyager la fenêtre ouverte ou pire de  passer la tête par la fenêtre. 
Cette fois, c'est un bus dont les fenêtres ne s'ouvrent pas aussi les sacs viennent s'entasser dans une poubelle sous le regard attristé de l'assistant conducteur qui passe son temps à astiquer ses toute nouvelles chaussures blanches maculées de boue à chacun des arrêts où il doit descendre pour assurer son boulot.
Lors de nos voyages, lorsque nous nous retrouvons sur ce genre de routes plus que sinueuses je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour ma sœur qui elle aussi a un problème avec les transports. Je pense évidemment à la seule fois où elle est venue dans les Cévennes, je suis allé la chercher à Chamborigaud, elle est descendue du train dans un piteux état, la route jusqu'à Leyris l'a achevée ...... elle n'est plus jamais revenue !!
A CAO BANG, nous avons nos habitudes et les valises à roulettes connaissent presque le chemin de l'hôtel, au marché Dominique peut acheter du papier qu'elle avait apprécié la dernière fois.

A SUIVRE .../...

CAO BANG

CAO BANG est une petite ville pas désagréable du tout, spécialisée dans les saucisses fumées, à chaque fois on s'en régale.

C'est également un point de départ pour deux belles excursions : 

1/ l'endroit où s'est réfugié HO CHI MINH pendant la guerre d'Indochine en pleine montagne avec plein de grottes où se planquer et surtout à proximité de la Chine où pouvoir fuir quand les français se rapprochaient un peu trop et où ils n'iraient pas le chercher sous peine de créer un incident diplomatique dont ils n'avaient pas besoin ! Nous y sommes allés l'année dernière à moto et nous en gardons un excellent souvenir. 

2/ Les chutes d'eau de BAN GIOC, réputées dans tout le Vietnam,  à la frontière  de la Chine, on pensait y aller à moto, mais en raison des conditions climatiques incertaines, nous préférons cette année y aller en bus, en plus c'est quand même à 70 km soit 140 aller retour, nous préférons passer deux heures de bus avec un arrêt prévu en route pour essayer de trouver de l'indigo.

Le bus passe en bas de l'hôtel et est quasiment vide, au bout d'un moment , des places étant libres , je décide pour mieux profiter du paysage de me mettre à l'avant du bus et c'est là que se produit un drame atroce :  C'est comme si j'étais entré dans un temple indien sans enlever mes chaussures, ou pire comme si j'étais entré dans le Saint des Saints en string et en cagoule ou pire encore comme si j'étais entré à La Mecque en arborant une photo du pape : JE VENAIS D'OCCUPER UNE DE SES FAMEUSES PLACES AVANT SANS ENLEVER MES CHAUSSURES !  
Je me suis fait engueuler non seulement par le chauffeur qui mit le bus en danger en ne regardant plus la route mais également par l'assistante chauffeur qui pourtant peu de temps avant m'avait fait un gentil sourire, j'étais devenu le paria, j'ai eu beau essuyer rapidement le légère trace faite par mes chaussures  sur le plastique noir immaculé, je sentais que je m'étais mis à dos tout le bus, il ne me restait plus qu'à faire profil bas, les pieds nus, surveillant d'un œil mes chaussures jusqu'au prochain arrêt, et c'est ce que je fis.
Il existe dans la vie deux quêtes : la quête du GRAAL et la quête de l'INDIGO (Chàm en vietnamien), nous c'est la quête de l'indigo car depuis deux ans Dominique s'est mis en tête de rapporter à Pascal, son professeur de Nîmes, de l'indigo d'Asie, véritable challenge non satisfait malgré  les nombreuses demandes faites sur tous les marchés que nous avons visités, mais il semblerait que ce jour, renseignements pris, nous soyons tout près du but en nous arrêtant dans un village sur la route des chutes.
En fait ce village est surtout connu pour ses forgerons qui fabriquent à l'ancienne toutes sortes d'outils agricoles, qui vont de la bêche, au coupe-coupe en passant par des instruments dont seuls les vietnamiens ont besoin genre éplucheur de canes à sucre peu utilisé sous nos latitudes.
C'est plus qu'intéressant que de se balader et de découvrir que dans chaque maison il y a des gens qui travaillent les métaux rougis pour leur donner la forme requise à grand coups de marteaux cadencés, parfois accompagnés de musique mais toujours en silence entre les officiants, ce travail est souvent un travail de famille et peut être curieusement un travail de couple où la fluette vietnamienne ne s'en laisse pas conter par son homologue mâle dans les coups assénés sur le métal rougi.
Au moment opportun, pour ne pas interrompre le travail, nous demandons où trouver du "Chàm" qui dans cette région constitue la base même de la coloration de leurs vêtements, la réponse est toujours la même, c'est par là avec un flou directionnel dont l'imprécision ne peut que conduire à l'insuccès ! 
Cela nous permet de visiter et d'apprécier ce village où les maisons de bois côtoient avec les murs en pisé grossièrement enduits, tout cela dans un proche environnement de montagnes karstiques, une vraie carte postale de douceur bucolique simplement troublé par le martèlements des forgerons.
Sur la route de retour avant de reprendre le bus vers chutes d'eau, dernière tentative auprès d'une femme occupée à balayer, il semblerait qu'elle ait compris notre recherche, elle nous invite à la suivre et très rapidement au bas d'une maison où règne un "bordel" indicible, elle appelle quelqu'un qui tarde à se manifester, à qui elle parle brièvement puis s'en va  et celui ci par gestes nous fait signe de monter.
Le personnage est brut de décoffrage et assez simple, Il ne parle pas plus anglais que nous ne parlons vietnamien et le recours à Google traduction est un véritable échec, je lui mets sous le nez le smartphone en l'invitant par gestes à parler dedans et où il est écrit "Nói trong micrô!" la preuve est faite que d'une part il sait lire et que Google traduction comprend bien ce qu'il dit puisque qu'il me traduit ce qu'il lui dit de faire à savoir " PARLEZ DANS LE MICRO, PARLEZ DANS LE MICRO, PARLEZ....." Répète t il sans fin.
Malgré tout, il semblerait comprendre ce que nous cherchons, Dominique plus fine que moi dans la langue vietnamienne comprend qu'il aurait déjà donné satisfaction à un "niouzilan" puisqu'il nous montre un bout de papier où sont inscrits quelques chiffres, donc avant nous un Neo Zélandais avait fait commerce d'indigo avec lui. 
Mais malheureusement avant de parler quantité et argent, tout ça doit s'arroser à dix heures du matin d'un petit coup de gniole vietnamienne, ce qui m' a poussé à écrire à Pascal, après le succès de notre quête, le mail suivant : "Au fin fond du Vietnam, à la limite de la Chine, au risque de choper une cirrhose du foie à devoir boire par deux fois de bon matin un alcool frelaté auquel un régiment de polonais n'aurait pas résisté, au risque de choper tous les microbes du monde à devoir partager le même verre avec un individu dont l'hygiène ne pouvait être que douteuse, au risque de monter et surtout de descendre un escalier auquel tout septuagénaire un peu censé ne se serait pas risqué, au risque d'être mordus par une meute de chiens errants probablement enragés, nous t'avons trouvé ce qui semblerait être un magnifique indigo qu'il va falloir maintenant rapporter en France au risque d'être arrêtés pour trafic de substance illicite, en espérant, enfin, que quand tu l'auras entre les mains, tu sauras en faire bon usage !"  
Fin de l'épisode indigo, nous pouvons reprendre le bus hélé par mes soins d'un geste typiquement vietnamien, et ayant retenu la leçon, je me suis bien gardé d'aller m'asseoir devant !
Les chutes de BAN GIOC marquent la frontière du Vietnam et de la Chine, elles sont très renommées dans les deux pays et abondamment visitées par leurs ressortissants, mais ce jour seuls les Chinois sont présents et bardés de leurs gilets de sauvetage rouges naviguent sur des radeaux qui se rapprochent des chutes, côté vietnamien c'est le calme plat et nous en sommes ravis car nous pouvons profiter du spectacle tranquillement, les chutes à cette époque de l'année ne sont peut être pas à leur maximum, mais le spectacle est magnifique.
Retour vers CAO BANG par le même moyen de transport en traversant à nouveau de magnifiques paysages.
Demain, nous partons pour HANOÏ : sept heures de bus en perspective. 

À SUIVRE .../...

CAO BANG / HANOÏ 

La gare routière est de l'autre côté du pont en deux coups de sacs à roulette nous y sommes à essayer de prendre un bus de bonne heure pour éviter sur les recommandations du propriétaire (chaque demande de renseignement est nécessairement accompagnée d'un "I will recommand you" ) d'éviter une heure de racolage dans la ville, et bien c'est raté, avant de prendre la route, à deux à l'heure, on a eu droit à la visite de la ville sous tous ses coutures et malheureusement pour lui et malgré les coups de Klaxon racoleurs, nous avons fini par partir pratiquement vide, tant mieux pour notre confort et tant pis pour lui.
Pendant pratiquement tout le voyage, les paysages montagneux traversés sont magnifiques et notre chauffeur conduit à une allure qui nous convient, notre voyage est ponctué par les traditionnels arrêts pipi et arrêt repas où pour une fois étant partis de bonne heure nous avons mangé autre chose que nos traditionnels chips et barre de nougat au cacahuètes que nous apprécions qui sont surement nutritives mais pas particulièrement diététiques !
L'approche d'Hanoi pour je ne sais quelle raison( èviter les péages ou les encombrements ?)  se fait pas des voies détournées, tout ça pour arriver finalement à MY DHIN une des gares routières importantes d'Hanoi où, là, c'est comme d'habitude, la cohue pour sortir et trouver un taxi pour aller en ville, il nous a légèrement baladé pour aller porter une lettre à un endroit qui n'était pas nécessairement sur notre route, on peut s'estimer heureux car depuis que nous pratiquons le Vietnam on a entendu pire, c'est pourquoi généralement nous choisissons la compagnie MAILHING qui a la réputation confirmée d'être la seule fiable ...... jusqu'à nouvel ordre !
Notre hotel est situé dans le vieil HANOÏ et c'est un plaisir sans cesse renouvelé que de voir toute cette population  s'agiter autour de nous sans se soucier de notre existence, sauf pour essayer de nous vendre quelque chose.
Nous sommes surpris qu'à HANOÏ encore plus que dans tout le Vietnam, il y a toujours des gens qui mangent dans la rue quelque soit l'heure, si ils ne mangent pas ils boivent des cafés dans des estaminets improvisés assis sur des tabourets de nains d'où les occidentaux en surpoids ont du mal à s'extraire, c'est à rapprocher de cette habitude toute asiatique de s'accroupir pour un oui ou un non pour attendre, récupérer ou discuter, et là je dois dire que même les occidentaux  non en surpoids ont du mal à se faire à cette posture pratiquée chez eux depuis la plus jeune enfance.
La circulation avec le temps ne s'arrange pas et il est de plus en plus périlleux d'y circuler à pieds, il convient d'être vigilant car le mot "priorité" doit être inexistant dans la langue vietnamienne, tandis que celui de "resquille" doit figurer en tête de chapitre, c'est toujours marrant et parfois exaspérant de voir avec quelle absence de vergogne un vietnamien peut vous passer devant et à la limite c'est à vous de vous excuser d'être arrivé avant lui.
Nous sommes toujours surpris par la spécialisation de certains quartiers,  si vous cherchez quelque chose vous ne serez pas gênés pour faire la comparaison sans avoir à aller bien loin puisque toutes les boutiques vendent pratiquement toutes la même chose dans une spécialité donnée.
A HANOÏ tout est possible, on trouve tout, et souvent les choses les plus improbables souvent chez nous tombées en désuétude, et ce qui me ravit le coeur on peut toujours tout faire réparer plutôt que jeter et renouveler comme dans notre monde occidental.
Cela énerve Dominique, mais en voyage je porte une banane, c'est mon chonchon, mon kit de survie à portée de mains dans ce monde lointain et incertain où nous voyageons, et celle là j'y tiens, elle a été achetée il y a bien des années sur un bateau dans les Cyclades et depuis elle ne me quitte plus, elle a été améliorée par un bouton pression à Taiwan, l'année dernière à BAC HA dans le nord du Vietnam je croyais que la fermeture éclair avait rendu l'âme après autant d'années de loyaux services  et devait être changée et bien non, une géniale vietnamienne a tout remis en place en changeant seulement la glissière, je n'aurais jamais cru que cette opération fut possible, en France on aurait tout changé voir même tout jeté. 
Mais ne voilà t il pas que cette année cette fameuse fermeture d'origine mais réparée  refuse à nouveau de se fermer et à rester à mon grand regret toute béante, la petite serveuse de l'hôtel s'est bien proposée de me la réparer si Dominique ne trouvait pas le nécessaire pour le faire.
Mais en se promenant dans HANOÏ dans ces fameux quartiers spécialisés et, en l'espèce celui de la mercerie, je vois un monsieur récupérant le sac à dos de son fils réparé après avoir eu le même genre de problème que moi avec la fermeture à glissière, je montre mon souci au monsieur assis dans la rue sur son tabouret de nains à l'entrée d'une boutique qui ne lui appartient probablement pas mais où il est présent du matin au soir.
Il cerne le problème, remet la fermeture en position fermée avec, sous mon insistance,  l'alignement parfait qui lui convenait, puis commence à fouiller dans un sac à malices où sont stockées des centaines d'agrafes de différentes tailles, c'est exactement ce qu'il faut, mieux qu'un fil de couture, pour marquer l'arrêt de l'ouverture, je n'aurais jamais cru que de telles agrafes pouvaient encore exister et bien si, en plus elles se déclinent dans toutes les tailles, Voyant qu'il avait dans ma personne, un casse couilles de première, il en met une supplémentaire pour plus de sécurité et après quelques tests craignant probablement que je ne revienne il en rajoute une troisième et voilà ma "banane" comme neuve et prête à affronter d'autres voyages. 
Tout cela pour dire et constater que si le Vietnam est bien entré dans l'ère de la consommation dont il a été privée pendant longtemps, il n'a pas encore sombré dans cette consommation excessive et injustifiée qui me met hors de moi, la débrouille, le bricolage et le talent du réparateur ont encore quelques années devant eux.
On retrouve à HANOÏ ce plaisir de s'asseoir et de regarder la vie qui passe, et en ce qui me concerne de me mêler parfois de ce qui ne me regarde pas quand cela m'interpelle. 
Par exemple,  assis dans ces fameux estaminets pour nains, je vois qu'un jeune vietnamien roule ses cigarettes avec une boite que j'utilisais dans les années 60, modèle désormais introuvable, il a fallu que je m'en mêle pour lui montrer qu'avec ma méthode on pouvait "aérer" un peu plus la cigarette pour qu'elle soit moins dure à "tirer" , un peu surpris au départ par mon intervention, il est apparu sincèrement satisfait par mes conseils de pro de la boite à rouler, puisqu'en partant il m'a gratifié d'un "it was nice to meet you !" ..... À moins qu'il ne soit encore plus faux cul qu'on ne pense !
Conclusion, c'est toujours un grand plaisir de retrouver HANOÏ et ses "tics" pourvu que ça dure car les touristes y sont de plus en plus nombreux et au bout de presque 3 mois de voyage, je commence à haïr les touristes, les vieux, les gros, les barbus et les tatoués, il est peut être temps que je rentre à Leyris avant de devenir un vieux touriste barbu gros et tatoué !

Demain nous rejoignons HOI AN en avion pour la nième fois et mon récit de voyage va probablement s'arrêter là en même temps que "l'aventure" de ces trois mois d'escapade hivernale, ce sera peut être un regret pour certaines et un soulagement pour certains que j'arrête enfin mes élucubrations à deux balles....

FIN .... ou alors ce sera comme les faux adieux .... À BIENTÔT, who knows  ! 

Ça n'a pas duré longtemps, me voilà à nouveau, il y en a certains qui après avoir annoncé leur départ reviennent pour de viles raisons pécuniaires, d'autres parce qu'ils sentent leur dernière heure proche,  d'autres parce qu ils ont encore quelque chose à dire, d'autres enfin parce que leur ego surdimensionné leur impose de rompre un silence qui risquerait de les faire sombrer dans l'oubli et certains comme moi qui ont besoin de vider leur sac encore une fois ! 

Ah ! HOI AN pourquoi nous fais tu ça !

Je me vois encore arrivé dans cette ville le sac à roulettes à la main (toujours le même sans vouloir faire de publicité à EASTPACK ! ) ne sachant pas où on irait dormir car à cette époque les sites d'hébergement n'existaient pas encore et le seul stress du voyage était de trouver un hébergement qui nous conviendrait à l'arrivée après un repérage dans LONELY PLANET.
Le bus nous avait laissés en ville, la gare routière n'existait pas encore à la périphérie et la périphérie n'existait même pas,  on passait directement de la rizière aux maisons. 
Dans LE LOÏ, le hasard nous a fait rencontré, comme le permet souvent les voyages, un italien qui me parle avec enthousiasme d'un petit hôtel  de l'autre côté de la ville, super bien situé pratiquement en face du pont japonais dans une petite ile un peu délaissé par les investisseurs, super ambiance familiale, tout neuf, tout propre et tout cela pour à peine une poignée de riz, on s'y trouvait tellement bien qu'on y restait deux semaines, ce qui pour eux était incompréhensible car la plupart des gens qui "FAISAIENT" (j'adore cette expression !) le Vietnam n'y restait qu'une ou deux nuits, juste le temps de passer à côté du charme de HOI AN et de se faire cloquer quelques souvenirs. 
On y est même revenu deux fois lors du même voyage et entre nos deux passages, ils avaient construit une piscine dans un endroit impossible, incroyables vietnamiens ! 
Depuis nous y sommes revenus tous les ans à chaque fois que nous venions au Vietnam, l'ensemble du personnel nous montrait avec fierté qu'ils s'étaient encore agrandis, nous y étions toujours accueillis avec enthousiasme, générosité et une certaine reconnaissance commerciale, la patronne chinoise parlait trois mots d'anglais et à ce niveau était dépendante pour la clientèle occidentale de ses jeunes collaborateurs plus aptes à parler la langue de BUSH, les anglophones auront remarqué que volontairement je n'ai pas fait référence à la langue de SHAKESPEARE car ce n'est pas celle qu'ils apprennent  des touristes. 
A l'inverse son mari (probablement ancien militaire, membre probablement du parti, qui lui a peut être permis de s'enrichir plus que de normale en le favorisant un peu pour l'obtention de certaines autorisations, ..... ça c'est ma version personnelle) ne fait aucun effort de communication et à notre passage, il lâche sans s'attarder un grognement qui veut ressembler à un "Hello" imposé par sa femme plus commerçante que lui ! 
Là je dérape un peu, car nous avons passé des moments inoubliables, à l'époque ma seule ire était dirigée contre les jeunes occidentaux qui prenaient le bus dans la nuit et partaient en claquant la porte, les cons ! Mon deuxième reproche allait contre les chaises vietnamiennes, que connaissent ceux qui ont voyagé au Vietnam , elles sont souvent de mauvais goût et surtout d'une lourdeur anormale, donc quand l'éducation vous fait défaut, vous tirez la chaise au lieu de la soulever légèrement et cela fait un bruit insupportable principalement à l'heure du petit déjeuner, celle où on émerge à peine mais où s'activent ceux qu "FONT" le Vietnam, j'avais même trouvé de la feutrine pour coller sous les pieds et éviter cette nuisance, mais je ne suis pas allé au bout de mon projet. 
J'étais parti pour parler d'HOI AN  et voilà que je deviens intarissable sur l'hôtel que nous avons fini par abandonner non à cause de son agrandissement mais à cause de l'évolution du quartier tranquille où  à cette époque bénie nous étions réveillés doucement le matin par le passage des poubelles qui annonçait leur venue au son d'une douce "lettre à Élise" répétitive qui poussait plus à se rendormir qu'à se lever.
HOI AN est classé au patrimoine de l'UNESCO, en reçoit probablement des subventions et leur impose certaines conditions.
Cela a commencé par la fermeture d'un ensemble de resto de rues, probablement parce qu'ils ne répondaient pas aux règles d'hygiène des touristes qu'elle comptait ramener à HOI AN, certes l'eau des bassines pour faire la vaisselle n'était pas changée à chaque fois mais le plus grave c'était que cela se faisait au vu de tous. Quand j'ai remarqué que même les vietnamiens nettoyaient avant de s'en servir les baguettes et verres mis à leur disposition, j'ai fait et continue de le faire sans m'en cacher.
Ces resto marchaient du feu de dieu aussi bien pour les touristes que pour les locaux, il y règnait une ambiance locale, on les a déménagés de force de l'autre côté de la rivière et plus personne n'y est allé, là où règnait l'anarchie et le "struggle for life" pour alpaguer le chaland, on a imposé une organisation aseptisée ou presque qui les a tués. 
Et tout a suivi avec la même politique, racoler du tourisme de masse dans le joyau que constituait HOI AN ! 
Notre petite île tranquille a commencé à intéresser les investisseurs, des hôtels, des boutiques, des restaurants sont apparus partout, mais ce qui a provoqué notre départ c'est l'installation  du fameux "marché de nuit" où de LUAN PRABANG (Laos) à SIEM REAP (Cambodge) il est vendu les mêmes merdes made in China la plupart du temps.
Pour aller à la plage qui se trouve à quelques kilomètres de la ville, nous avions mis au point un itinéraire de rêve qui longeait la rivière qui traverse la ville et lui cause annuellement des misères.
Le long de celle ci les vietnamiens faisaient sécher à même la route des petits poissons et des coquillages dont ils ont particulièrement friands à l'apéritif, puis par une petite route où la circulation était inexistante, on commençait à traverser les rizières magnifiques à cette époque de l'année, cela se terminant par la traversée d'un genre de mangrove où se faisaient des coupes de palmiers pour couvrir les toits des maisons, cela sous les "Hello" des enfants et les senteurs puissantes des pamplemoussiers en fleurs. 
Mon grand jeu juste à l'arrivée de la plage était de ne pas obtempérer aux coups de sifflet d'un simili flic pour nous obliger à nous arrêter et payer un parking où seuls les touristes étaient rançonnés, cela ne me convenait d'autant moins que la plage était encore loin et que le parking de notre restaurant était gratuit, j'arrivais donc à fond et au dernier moment devant lui je mettais le bras à gauche pour prendre un raccourci menant directement à notre petit resto de plage, ils ont fini par le mettre à la retraite quelques années après car sa présence n'était plus justifiée.
Donc le long de cette rivière encore exempte de tout excès immobilier, on a vu se construire un petit hotel qu'on a visité alors qu'il n'était pas fini, nous avons pris ses coordonnées et y sommes venus l'année suivante ravis de bénéficier d'HOI AN sans ses inconvénients grandissants. 
Deux ans après, la voisine a cédé aux offres d'un investisseur et a vendu la maison de sa mère et un nouvel hotel s'est construit, c'était encore supportable, puis ce fut le tour de "l'île aux vaches" quasiment en face qui a commencé à faire l'objet de travaux quasi pharaoniques, on pensait qu'un investisseur chinois ou vietnamien allait y construire un resort luxueux, c'était dommage mais encore une fois presque supportable bien que nous trouvions injuste de virer les vaches pour y mettre une autre sorte de bétail : le tourisme de masse !
ça c'était l'année dernière et quelle ne fut pas notre surprise cette année en arrivant de voir que l'île aux vaches allait devenir un genre de parc d'attractions à la vietnamienne avec amphitéatre , fausses jonques, décors de théâtre représentant le HOI AN ancien qu'ils sont en train de faire disparaître, non seulement cela va être une pollution visuelle mais également une pollution sonore, dont nous sommes en train de faire les frais lors des essais avant l'ouverture officielle qui doit se faire dans les prochains jours ! 
Je ne pense pas que le propiétaire de notre hôtel soit satisfait par ce projet, certes il risque d'avoir la clientèle vietnamienne séduite par la proximité de ce parc et amateurs dans l'ensemble de ce genre de lieu mais la clientèle occidentale qui remplit actuellement son établissement va le rayer de sa liste dès que cette nouveauté sera évoquée dans les commentaires sur l'hôtel et sur ces fameux réseaux sociaux qui font et défont une réputation !
Je parlais de routes bucoliques, rizières, pamplemoussiers et bien hier en allant à la plage pour la première fois depuis notre retour, nous sommes retournés par notre fameuse route (empruntée désormais par des groupes de cyclistes dirigés par un guide vietnamien ! Ce qui prouve qu'on n'avait pas complètement tord dans notre choix !) on a pu constater les dégâts en cours et réalisés : un énorme pont pour désenclaver a été construit sur la route côtière et celle ci est désormais empruntée par les camions, le pamplemoussier a été arraché pour élargir la route, un nouveau pont est en cours de construction à coté de la mangrove, on a risqué notre vie en passant par ce chantier encombré par les camions, une nouvelle route suit etc.... 
Bien sûr, je ne suis pas complètement inconscient, il faut que des travaux soient faits dans ce pays qui en a réellement besoin mais pas à ce point au détriment de l'environnement, existe il d'ailleurs un ministère de l'environnement ou une nouvelle fois ce mot n'existe t il pas en vietnamien !
Il est de plus en plus difficile de trouver un endroit au calme et de charme à HOI AN et je pense que pour nous cela est fini ! 
Je suis en train de brosser un portrait bien noir d'HOI AN mais je continue néanmoins à penser que les nouveaux arrivants trouveront encore du plaisir à y venir  car tout n'est pas pourri et quand on n'a pas connu l'avant, comment peut on faire une comparaison négative avec le présent qui reste encore attachant.
Le marché central de légumes et de poissons fait pour les vietnamiens est toujours authentique et plein de vie et de surprises, avec Dominique nous continuons à y passer de longs moments assis à une terrasse de café à observer ces femmes en pyjama à pois et chapeaux coniques accoutrées comme "l'as de pique" souvent avec une association de couleur surprenante, heureusement elles sont comme ça  pour elles et non pour les touristes, l'homme en pyjama bleu clair avec un "feute"* sur la tête se fait un peu plus rare, la bonne humeur, la galéjade que nous ne comprenons pas semblent encore présentes.

Nous n'y reviendrons peut être plus, mais je continuerai à en avoir la nostalgie tant que je n'aurai pas identifié  l'oiseau qui par les nuits un peu chaudes continue à faire 4 petits "tuits" suivis de 3 petits "tuits" plus rapides !

Ce coup là, j'ai lâché tout mon fiel contre un monde qui doit inévitablement se transformer mais  qui le fait contre mon gré.  

Pour terminer sur une note un peu plus gaie, j'ajouterai : tant qu'Aloïs ne sera pas devenu mon compagnon de route, il me restera mes souvenirs.

* feute c'est le chapeau en feutre du bon temps des colonies, comme "op la" veut dire œufs au plat en vietnamien.

SALUT À TOUTES ET TOUS ET À BIENTÔT DANS LES CÉVENNES !


Dernière mise à jour le 24/03/2018

Un commentaire, une réaction, des encouragements 

👍 ou 👎  


leyrisba@club.fr