MINGALABA MYANMAR !

GOOD MORNING BURMA !

Depuis que nous sommes en Birmanie, je ne sais pourquoi la "fibre écrivaine" m'a fait un peu défaut, nous nous levons nettement  plus tôt, les décisions de voyage prennent plus de place dans notre quotidien, les transports prennent pas mal de notre temps, nous visitons beaucoup et à dire vrai il n'y a pas réellement d'endroits qui se prêtent à se poser tranquilles pour pouvoir refaire le monde et parler de notre quotidien.

Nous sommes actuellement en haute Birmanie au nord de Mandalay dans un bel hébergement avec un beau jardin, des fauteuils confortables sur une terrasse ombragée, propre, où l'on souffle un peu, c'est à dire qu'on ne va rien faire de touristique, tout du moins ce matin, alors j'en profite pour alimenter un peu mon "blog".

Rangoon où nous sommes arrivés directement de Singapour a été un vrai choc : dans la vieille ville où nous avions réservé notre hôtel, les rues peu éclairées étaient à la limite de l'insalubrité, peu accueillantes quand on arrive de nuit, les rats déboulaient d'un peu partout, heureusement que le matin le ménage à été fait et le spectacle est un peu plus gai, il faut quand même prendre la défense des birmans qui sont très propres mais qui malgré toute leur bonne volonté ne peuvent faire du super clean avec du vieux et du délabré et ils ont encore à apprendre quelques leçons élémentaires de conduite civique, il ne faut pas jeter systématiquement par terre ce dont on n'a plus besoin.

Dès l'arrivée à l'aéroport, le ton est donné : plus d'une heure pour rejoindre le centre ville qui n'est pourtant pas très éloigné. Rangoon est un véritable encombrement automobile, rien n'est fait pour une bonne circulation, tout déplacement tourne au cauchemar et n'encourage pas à y rester longtemps et c'est ce que nous avons décidé de faire, nous avons fait les incontournables qui justifient le passage dans cette ville et bien sûr  SHWEDAGON pagoda, cœur du bouddhisme birman qui malgré les touristes et les marchands du temple reste un lieu encore magique où les yeux ne se lassent pas du spectacle donné par les fidèles évoluant dans ce cadre superlativement doré mais quand même empreint de recueillement.

Une grande promenade à pieds dans la partie "coloniale" de la vieille ville est particulièrement illustratrice de la vie à Rangoon, les moyens manquent mais on a pris conscience qu'il vaut mieux essayer de rénover que de raser et construire un immeuble moderne qui enlèvera toute son âme à cette ville, le mythique HOTEL STRAND a été ainsi merveilleusement restauré mais devenu inabordable au "vulgum touristum".

Un passage dans une agence de voyage particulièrement efficace et accueillante, tenue par un français,  permet de fixer les grandes lignes du cadre de notre voyage, il faut savoir qu'en Birmanie on ne peut pour des raisons politiques et de sécurité aller partout et il est bon de connaître les règles du jeu avant de se lancer sur les routes.

Ce premier contact avec la Birmanie reste plus que positif, notamment avec la population, un sourire esquissé a toujours en réponse un large et sincère sourire, c'est plutôt agréable.

Je constate rapidement qu'ils entendent résoudre le chômage de la manière suivante : quand il faut une personne on en met quatre, voire cinq et tout roule dans la bonne humeur et l'efficacité, je note également que dès qu'ils ont eu un peu de formation, ils deviennent plus que professionnels alors que par nature ils ont plutôt une attitude décontractée, non encadrés, le smartphone en mains ils ont tendance à ignorer un peu la raison pour laquelle on les a mis là !

Ils restent tellement sympa qu'on est prêt à leur passer beaucoup de choses, les rapports d'argent avec les touristes restent cordiaux et raisonnables, on n'est pas au Vietnam ou tout du moins pas encore. 

Pour me bricoler ma carte sim, j'ai vu défiler au comptoir du magasin (où je ne l'avais même pas achetée) tout le personnel depuis la simple vendeuse, en passant par son collègue appelé à la rescousse qui s'y entendait un peu plus, puis "LE" spécialiste qui a résolu le problème spécifique à la Birmanie et tout cela dans la bonne humeur générale et même un franc éclat de rire quand on a fait un test de vitesse proche de zéro ! Et il est bien évident qu'il nétait pas question de débourser un khyat pour la demi-heure perdue à trouver la solution du problème.

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Pour vous mesdames, quelques remarques sur la tenue vestimentaire des birmans et birmanes : la majorité de la population homme ou femme porte le longyi, ce que j'appelle personnellement le sarong, genre de grand tissu noué à la taille en forme de jupe, plus ajusté pour la femme tandis que le mâle se retrouve avec un gros paquet noué devant sur le ventre ;  il est bien évident que pour lui, tout cela a tendance à se dénouer un peu de temps en temps, alors on ouvre le longyi et on remet le tout en place dans un mouvement quasi similaire à celui du houla hop pratiqué dans notre jeunesse, l'intérêt du longyi qui tombe jusqu'à la cheville c'est qu'il peut se décliner en plusieurs formes suivant les circonstances : bermuda quand il s'agit de se tremper les pieds ou de courir sans se casser la gueule,  il peut  même être raccourci en short quand il s'agit de se baigner ou de jouer avec une balle tressée en osier qui est le jeu national birman. 

Le birman est pratiquement toujours chaussé de tongs. Le dilemme survient quand, pour des raisons professionnelles, il est obligé de se vêtir à l'occidental et qu'il ne veut pas quitter ses tongs, ce fut le cas dans notre premier hôtel où un "maître d'hôtel" légèrement grassouillet et un tantinet efféminé était vêtu du costume traditionnel de la fonction (costume noir, gilet noir étriqué au point de ne pouvoir fermer tous les boutons, idem pour le col de chemise serti d'un noeud papillon de travers) n'avait pas voulu abandonner ses tongs, sa démarche à la Charlot nous mettait de bonne humeur dès le matin. 

Point de vue masculin personnel, les femmes, souvent fines et menues, portent le longyi plus ajusté comme une jupe, le haut étant généralement un corsage également près du corps assorti dans les couleurs, elles peuvent pousser souvent la coquetterie à avoir un rouge à lèvres un peu éclatant, qui tranche avec le fameux thanakha sur le visage aux vertus rafraîchissantes et aseptisantes, tout cela contribue à leur conférer une grâce qui ne peut que satisfaire le regard masculin ! C'est quand même plus agréable à regarder que la cagole "peinte comme un camion volé, où de la culotte au soutif, .... tout doit péter !" Ce n'est pas de moi mais je suis tout content d'avoir l'occasion de pouvoir le replacer. 

Remarque plus négative, celle de la consommation de bétel, curieusement même dans la population la plus jeune, on n'arrive pas à s'habituer à ce sourire de sang, sur des chicots prouvant, s'il en est,  la nocivité de cette habitude, pour le touriste en plus elle l'oblige à enjamber les crachats qui jonchent le sol, car qui dit bétel dit mastications et crachâts fréquents sur le sol ou dans les transports en commun dans un cul de bouteille en plastique coupée, .... quand on n'a pas l'habitude,  c'est peu ragoûtant.

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Dernières petites remarques avant d'attaquer le vif du sujet, la première concerne le nombre de chiens errants qui traînent dans la ville, a priori ils ne semblent pas agressifs mais on se méfie quand même un peu, dans la journée ils dorment un peu partout et tant ils sont nombreux, il faut faire attention de pas leur marcher dessus, ils ne doivent pas aimer cela.
Dès que la nuit tombe ils commencent à se balader en bande et on n'est pas habitué à cette circulation canine, je ne regrette pas mon achat d'un bâton de marche rétractable en Malaisie, deux petits coups par terre de temps en temps rappellent l'existence de la canne à ceux qui ne l'ont pas vue et leur rappellent également qu'ils peuvent aussi en prendre un coup sur les fesses, d'ailleurs un chauffeur de taxi me disait que le matin de bonne heure quand il va récupérer son véhicule chez son patron à moto, il est poursuivi par des  chiens et que le bâton reste le meilleur moyen de les éloigner, donc j'ai bien vu !

L'ultime remarque concerne la conduite à droite que pratiquent les birmans depuis qu'en 2005 les généraux ont décidé très démocratiquement d'un jour à l'autre qu'on devait changer le côté de la conduite automobile, sûrement pour marquer la rupture définitive avec la colonisation britannique, pourquoi pas, mais le problème c'est que 90 % minimum des véhicules continuent à avoir la conduite à droite, ce qui ne simplifie pas la conduite ; pour les bus l'assistant fait office de vigie, il signale si la route est libre au conducteur qui ne voit rien sauf à se déporter sur la moitié de la route réservée au dépassement. Nous avons eu l'occasion de faire de la route en taxi dans de telles circonstances et je dois dire qu'en l'absence de copilote, je serrais les fesses à chaque fois qu'il amorçait une tentative de dépassement car avant lui je voyais que la voie n'était absolument pas libre, bien qu'ils soient peu respectueux du code de la route, notamment en ce qui concerne les lignes continues, on dira, sans approfondir la question, qu'ils sont relativement calmes et prudents. Ma légendaire logique m'a conduit à m'interroger sur la raison pour laquelle douze ans après même les voitures neuves et récentes continuaient à avoir la conduite à droite, alors j'attends une éventuelle explication de la part des personnes qui me font l'honneur de me lire et je leur donnerai ma version personnelle car je pense l'avoir trouvée !

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     Quand faut y aller, faut y aller !

Ça y est nous avons pris la température de la Birmanie, aussi nous décidons de bouger, de quitter Rangoon pour aller un peu plus au sud-est vers HPA AN réputée pour ses beaux paysages karstiques. Comme il se doit le bus est aux aurores pour éviter de voyager aux heures chaudes et pour pouvoir assurer le voyage dans la journée car tout voyage tourne ici à l'expédition tant la durée est longue pour le peu de kilomètres parcourus.

La traversée de Rangoon à 6 heures du mat se fait les doigts dans le nez, heureusement car la gare routière est à "perpette", ils nous avaient prévenus la veille, une heure de taxi coûte plus cher que nos six heures de bus, peu ou très peu de circulation, il n'y a pas un chat dans les rues ..... mais toujours des chiens !

Les choses se compliquent en arrivant à proximité de la "gare routière", un vrai bordel car en fait ce n'est pas une gare routière comme on les connaissait en Birmanie, elles n'en sont, comme le pays, qu'à leurs balbutiements, il faudrait tout démolir pour faire du neuf au lieu d'essayer d'agrandir un ensemble inadapté à l'abondance de la nouvelle demande pas seulement touristique mais également locale, pris dans les encombrements le chauffeur essaye de se faufiler un peu tout en cherchant le bureau correspondant à la compagnie qui doit nous transporter, à la fin las d'attendre, il se gare n'importe où, nous abandonnons le véhicule et les bagages en mains nous cherchons le fameux bureau de la compagnie en nous faufilant entre les bus bloqués, on le trouve enfin, heureusement qu'il est là car le nom est écrit en alphabet birman incompréhensible pour nous. 

Rien à dire sur le voyage qui se passe tranquillet par une route étroite, curieux, pour ce qui est censé être un axe important, le bus "VIP" est de qualité et semble bien entretenu, il est mentionné qu'il est équipé pour notre sécurité du système "DOUBLE ESSIEU" Évidemment il a fallu que j'essaye de comprendre en quoi ce système consistait, à un "arrêt pipi", je suis allé voir, le bus étant anormalement long, il comporte à l'arrière non des roues jumelées mais des roues en double dont les dernières semblent être directionnelles pour faciliter les manœuvres....belle technologie, rien à dire si c'est pour notre sécurité. 

Les paysages traversés sont secs de chez sec et il fait une chaleur du diable sauf dans le bus qui évidemment est bien climatisé.

Il semblerait que HPA AN (petite ville où il y a peu d'hébergements)soit en ce moment une destination particulièrement prisée par les touristes et nous avons eu du mal à trouver sur internet un hébergement dans nos prix, nous nous sommes couverts en réservant une nuit dans un hôtel assez excentré et relativement cher (50 US$, pour la Birmanie ça commence à  faire des sous !) 
En arrivant nous avons bien constaté non seulement qu'il est bien excentré, ce qui est gênant quand on est à pieds et que tout se trouve en ville, restaurants, locations et information, mais qu'en plus notre chambre à 50$ est un véritable trou à rats quasiment dans la cave, nous sommes tellement surpris que nous ne disons rien sur le coup mais à peine les bagages posés nous avons constaté que la salle de bains n'avait de salle de bains que le nom, que les draps dégueulasses n'avaient pas été changés, ni les oreillers, ni les serviettes de bain encore humides du passage des précédents occupants, d'habitude en raison du prix modique de l'hébergement nous ne disons rien à partir du moment où un effort de propreté a été fait, mais là, c'en est trop, il ne faut pas nous prendre pour des cons et nous avons fait, comme nous disons entre nous, notre "D....t" (l'intéressé s'il lit ce blog se reconnaîtra peut être et j'espère qu'il ne m'en voudra pas d'être devenu l'espace d'un instant, une expression, un modèle voire un élément de référence !)

Faire le "D..." Consiste à refuser systématiquement la chambre que l'on vous a été attribuée lors de la réservation par internet et demander à voir toutes les chambres disponibles, il n'a pas tort mais ce n'est pas notre méthode habituelle, mais là, il nous faut agir, devant notre mécontentement évident, ils nous en proposent une quasiment similaire qui ne nous convient pas plus, c'est un trou à rats un peu plus propre mais pas mieux, vu le prix payé lors de notre réservation, nous manifestons notre réel mécontentement et décidons de ne pas nous laisser faire, nous menaçons de faire un rapport pour le guide où ils sont référencés ainsi que sur le site de réservation internet par lequel nous étions passés, allez savoir pourquoi au dernier moment ils nous en sortent une de derrière les fagots qui est grande, d'un goût douteux mais claire avec vue sur la rue et une salle de bains presque normale, nous condescendons à l'accepter pour une nuit et dès qu'on peut on se barre de là, je ne parlerai pas du petit déjeuner du lendemain installé sur une terrasse rapportée sur le toit, faite de bric et de broc où même le thé et le café étaient en poudre et imbuvables. Ils ont eu droit quand même à l'expression de mon mécontentement sur le site de réservation.

Installés, sans ouvrir nos sacs, notre premier boulot à été de trouver un hébergement pour le lendemain, nous avons trouvé en ville le "GALAXY" simple GUESTHOUSE qui a même envoyé un TUK TUK pour nous chercher dans notre antre le lendemain matin, nous étions sauvés ! 

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HPA AN

Depuis que nous sommes en Birmanie nous ne tarissons pas d'éloges sur la gentillesse des Birmans, ce n'est pas l'accueil au GALAXY MOTEL qui nous fera changer d'avis,  car la proprio, KIM, est particulièrement gentille dès le premier contact.
Quand on cherchait un hébergement, on demandait si possible une chambre avec vue, car souvent dans les hôtels de catégorie moyenne, les chambres peuvent ne pas avoir de fenêtre ou alors seulement sur un mur aveugle, ce qui peut être un peu flippant. En arrivant le lendemain nous avions une chambre en étage élevé mieux que celle qu'elle nous avait montrée la veille.
Elle connaît quelques mots de français et tous les prétextes sont bons pour les placer avec un grand sourire ; pour nous deux mystères demeureront : Est elle enceinte ou seulement bien grassouillette ? Est elle la femme ou la fille de celui, un peu plus âgé, qui est assis à l'entrée, ne connaît que quelques mots d'anglais et mâchonne sans cesse son bétel, il supervise tout efficacement de son fauteuil, nous quitterons le GALAXY sans avoir résolu ce problème.

KIM est toujours prête à rigoler, je lui dis que pour améliorer ses revenus elle devrait créer dans une partie libre de son hotel une laundry car tous les voyageurs se plaignent de leur absence en Birmanie et lorsqu'on en trouve une cela coûte un prix exorbitant par rapport à ce qui se pratique dans tous les pays d'Asie, mon idée semble la séduire et je ne serai pas étonné que le GALAXY ait sous peu une blanchisserie, je lui ai même proposé un nom "KIM CLEAN" ce qui l'a fait encore plus rigoler, c'est peut être pour cette raison qu'elle ne nous a pas fait payer notre lessive !
Elle est d'une efficacité redoutable, en deux coups les gros sur un plan elle indique à chaque touriste avec patience et sans lassitude l'emplacement des restaurants, les choses à faire et à voir dans les environs, l'organisation des locations de motos, l'achat des billets etc.. Et tout cela contribue à la bonne humeur générale qui règne dans son hotel aussi bien chez les clients que chez le personnel, c'est une belle ambiance familiale.
Chez les voyageurs, cela se sait car son hotel ne désemplit pas, en partant je lui ai dit tout le bien que je pensais de son accueil et que vu la fréquentation qu'elle avait il n'était pas besoin que je lui fasse de la publicité, elle a en a convenu mais elle m'a dit "faites de la publicité pour notre pays car nous avons besoin de vous les touristes" cette attitude de sa part n'a fait que renforcer ma sympathie à son égard.
Évidemment sous ses conseils et sa moto louée (une des meilleures que nous ayons eue) nous avons fait les excursions incontournables : SADAN CAVE (que nous avons finalement trouvée grâce à deux jeunes birmans qui se sont déroutés longuement de leur chemin pour nous remettre dans la bonne direction).Je n'ai pas un goût particulier pour les grottes mais celle ci est très vaste et surtout se termine par une trouée sur un paysage de rizières et de formations karstiques et c'est en bateau à travers les rizières que l'on retourne au point de départ, belle récompense d'une traversée partiellement faites pieds nus en raison du caractère sacré du lieu.
Pour atteindre les waterfalls nous passons par une piste poussiéreuse où juste à la sortie il y a quelques maisons complètement isolées de tout et quelle ne fut pas notre surprise d'entendre à fond la caisse une musique genre dance floor avec des sons de basses énormes : deux amplis gigantesques juchés sur la plateforme d'un camion (le papa est probablement DJ dans les mariages pour avoir un tel matos !) crachent cette musique répétitive qui fait tout vibrer et, juste devant les enceintes, au risque d'en sortir sourds, deux enfants de 5 ans environ dansent en rythme plus que sérieusement en y prenant un plaisir certain .....incroyable, on ne peut imaginer cela dans un endroit aussi paumé, j'en garde le témoignage dans une petite vidéo.

Les waterfalls sont des bassins d'eau vive et claire où s'ébrouent bruyamment une jeunesse particulièrement abondante en ce dimanche. Il y a également le fameux mont sacré de Zwe Ga BIN que nous n'avons vu que de loin et non escaladé comme le font les locaux : 700 mètres de dénivelé, un nombre incalculable de marches, plus de 3 heures aller retour sous un soleil de plomb, ce n'est plus de notre âge, on attendra la construction du téléphérique qui est prévu, ce sera un prétexte pour revenir dans ce beau coin de Birmanie.

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Nous avons rejoint  MAWLAMYAINE anciennement MOULMEIN, (curieuse manie que ces pays qui veulent tirer un trait sur le passé en changeant le nom des villes pourtant plus facile à mémoriser pour nous, vils coloniaux !) l'étape suivante un peu plus au sud par le fleuve, ce moyen de transport quand il est possible reste le plus agréable, on voit défiler à son rythme la vie qui s'est instaurée le long du fleuve souvent centre de l'activité locale. La lente descente du fleuve nous permet de profiter du paysage et d'apercevoir au loin les stupas et les monts karstiques que nous avions vus la veille, l'arrivée sur la ville est particulièrement belle, on comprend qu'il ait fallu une belle birmane à Kipling pour le détourner de la visite prévue.

Dans la rue principale, les bâtiments coloniaux sont particulièrement nombreux et dignes d'intérêt, ils sont en mauvais état et n'attendent qu'un peu de capitaux pour retrouver la grandeur qu'ils avaient lorsque de par sa situation la ville était une plaque tournante de l'activité commerçante entre le fleuve et la mer.

Bien sûr, une nouvelle fois les visites de stupas et monastères occupent nos journées et ceux de MOULMEIN nous ravissent les yeux et nous permettent de passer de bons moments de contemplation.

A ce stade du voyage, nous ne savons pas encore si nous allons aller plus au sud pour voir les plages, ce qui nous obligerait à faire un aller retour qui signifie de longs moments passés dans les bus, nous sommes en saison sèche et chaude et renseignement pris le bus qui nous emmènerait vers le sud serait nécessairement un bus de nuit de 6 heures, nous ne sommes plus comme les jeunes routards qui privilégient cela car ça leur permet de faire l'économie d'une nuit d'hébergement, comme nous avons un bon hotel donnant sur le fleuve cela nous a poussés à nous attarder un peu ici avant d'envisager de repartir vers le nord vers MANDALAY via BAGO, petite expédition en elle même vue la distance à parcourir. 

Le marché moderne est comme d'habitude une véritable caverne d'Ali Baba.
On tombe sur une mamie, ancienne prof d'anglais qui pratique un anglais meilleur que celui du commun des birmans qui a tout dans son échoppe, il suffit de demander : scotch double face, .... elle l'a dans toutes les largeurs, je cherche également un crochet que je ne trouve pas sur son étal, elle fouille dans ses tiroirs et m'en sort également de toutes les formes et toutes les tailles, c'est chinois me dit elle, elle les vend par 50, deux me suffiront, on en finit par en rigoler pour essayer de trouver quelque chose qu'elle n'a pas !

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HISTOIRE de TRAIN !

Nous voilà donc à HSIPAW, avant dernière étape avant notre sortie de Birmanie, comme on ne peut pas pour des raisons de sécurité circuler par la route dans tous les endroits de ce pays, nous partons demain pour LASHIO en taxi d'où nous prendrons un avion qui devrait nous emmener à proximité de la frontière d'où nous devrions pouvoir entrer en Thailande par TACHILECK pour nous diriger ensuite vers le Laos puis le Vietnam.

Je reviens un peu sur ce parcours en train qui nous a permis d'arriver jusqu'ici. Il est noté dans tous les guides comme "À FAIRE" obligatoirement à cause du passage de ce fameux viaduc qui tient tant qu'il tiendra ! Il a été construit par les anglais et restauré plusieurs fois, en raison des problèmes de guérilla dans la région l'armée assure sa protection statégique.

Le train démarre de bonne heure de Pyin oo Lwin où nous avons fait une bonne étape de "repos" dans un hôtel super clean où il a fait bon glander un peu, ce qui m'a permis de mettre un peu à jour mon blog. 

On ne comprend pas pourquoi le train démarre à 8h22 précises quand on sait qu'il faut plus de six heures pour ne faire guère plus que 100 km, on se demande bien pourquoi une telle précision, puisqu'en partant on sait qu'il aura nécessairement minimum une demi-heure de retard ; la veille, bien nous en a pris, nous avions réservé nos places dans un wagon UPPER CLASS qui peu à peu s'est rempli d'une horde de touristes nordiques bien encadrés par un guide et un assistant prêt à distribuer serviettes humides, boissons fraîches, en cas,  et tutti quanti, ce genre de tourisme qu'on a rencontré souvent  en Birmanie me hérisse et à la limite me rend désagréable, car ils envahissent  tout, les lieux de visite, les restaurants mais heureusement pas les transports en commun car ils ont leurs propres cars flambants neufs et climatisés à fond. 

La Birmanie doit être particulièrement prisée cette année par les français, nous en avons rencontré beaucoup en groupe et ils nous ont gonflés par leur attitude grégaire ! Et ils nous ont découragés à retourner dans des endroits incontournables que nous avions vus en 1985, les avoir vus à Mandalay pour les retrouver à BAGAN ou au lac INLE, c'en est trop, autant garder nos souvenirs même un peu lointains mais authentiques.
 
Ceci dit sur les touristes, qu'évidemment nous ne sommes pas, revenons à ce voyage en train qui a posteriori m'a fait penser aux classiques des westerns que sont "Le train sifflera 3 fois" et "3h10 pour Yuma" où tout est dans l'attente, ici on se tape quatre heures de train avec divers arrêts folkloriques où tous les passagers sont dans la seule expectative de ce fameux viaduc ; l'approche finale magnifie le tout car on l'aperçoit au loin dominant la vallée mais on ne s'en approche qu'avec moult circonvolutions, il apparaît puis disparaît, on fait durer le plaisir, en fait c'est plutôt logique, car vu le relief il vaut mieux ne pas prendre trop de vitesse pour aborder le pont qui de loin semble bien fragile sur ses jambes de MECANO !

Juste à l'entrée du pont, le train s'arrête un bon moment comme pour prendre son souffle et laisser tout loisir aux touristes de descendre et de prendre des photos (j'en fait partie et j'en ai un peu honte!), il est encore temps de renoncer et d'attendre le prochain train pour rebrousser chemin, mais personne ne le fait et après quelques bons coups de Klaxon retentissants, le train reprend sa route à l'allure du pas d'une mule comme si il voulait mettre toutes les chances de son côté! 

Et là, malgré l'allure plus que modérée, tout vibre, tout craque, à son passage, les lampes postées sur les refuges d'entretien tremblent à tout va, c'est quand même impressionnant, tout le monde est aux fenêtres pour prendre la photo du siècle qui a du être prise mille fois, peu importe c'est une belle expérience qu'on ne regrette pas et j'espère qu'elle va pouvoir durer car, Dieu fasse que je me trompe, ce pont ne m'inspire qu'une confiance limitée, il parait si fragile dans sa structure métallique qu'il me semble que son avenir ne peut être que derrière lui.

LE TRAIN QUI DANSE !

De l'autre côté du pont le train s'arrête à nouveau pour souffler un peu d'avoir parcouru 690 mètres perché à 100 mètres au-dessus d'une gorge luxuriante, avant de repartir pour deux heures de plus .... que ne feront pas les nordiques, un bus climatisé les attend à la prochaine gare et les emmènera à destination en une demi-heure, on les retrouvera par hasard à Hsipaw accaparant le restaurant qui du coup a perdu définitivement notre clientèle en leur donnant priorité, il n'aurait plus manqué qu'ils fussent bataves et j'aurais fait une crise de boutons et une perte de self-control !
Donc sans eux mais avec quelques irréductibles dont nous faisons partie, le wagon est à nous. A Madagascar nous avions connu en son temps "le train qui danse" de Tamatave à Tananarive à côté de ça, c'était de la rigolade, là ce n'est pas sur un rythme de tango que le train chaloupe c'est carrément un rythme de rock'n roll déchaîné dans le bruit et la fureur, à l'arrêt il n'est qu'à voir l'état du ballast et des voies pour tout comprendre de ces mouvements endiablés. Malgré tout avec des pointes probablement à 50 km/h nous sommes arrivés à bon port avec le retard escompté malgré la précision du départ !

Hsipaw ne mérite pas le temps que nous y avons passé mais nous y avons trouvé quelques havres de paix où nous avons pu passer de bons moments, juchés sur une moto plus que pourrie, nous avons pu visiter un peu les environs pour voir les minorités qui posent un problème d'intégration pour le gouvernement car elles revendiquent plus d'autonomie que celui-ci ne veut leur accorder.

Nous sommes hébergés chez Mr CHARLES "LA" GUESTHOUSE/HOTEL de HSIPAW, véritable couteau suisse pour les foreigners , il suffit de demander il l'a ou il peut le faire ou l'organiser, je ne parle pas évidemment de Mr Charles, qui rançon du succès de son hébergement, passe son temps à lire ou rêvasser dans une chaise longue, mais de son équipe efficace en tout avec la gentillesse qui caractérise les birmans, nous avions prévu un peu trop large dans cette partie de la Birmanie, c'est ainsi que malgré un téléphone défaillant, ils ont pu nous avancer notre vol de LASHIO à TECHILECK qui doit nous permettre de sortir de la Birmanie par la route vers la Thaïlande en survolant une région interdite de circulation pour les étrangers.

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Une certaine routine, qui me convient parfaitement s'instaure donc : le matin café (dégueulasse) dans un bistrot pas net en face du marché.
La propriétaire est super sympa, elle fait le service tout en assurant la garde de son petit fils accroché à elle en bandoulière, nous "dégustons" notre café, après avoir essuyé le rebord de notre tasse quand elle a le dos tourné, de toutes les manières j'ai remarqué que les birmans essuient ostensiblement leurs couverts avant de manger, alors je ne me gêne pas pour faire de même et heureusement très souvent les baguettes sont préemballées pour un un usage unique, c'est parfait, ce café avalé promenade dans le vaste marché couvert où l'on vend tout et n'importe quoi, en plus tout en quantité phénoménale on ne peut pas dire qu'il travaille à flux tendu, ils peuvent voir venir,les chapeaux de paille tiennent une place importante et on sent que ce n'est pas seulement un accessoire, il fait partie du nécessaire pour se protéger du soleil certains peuvent atteindre quasiment le mètre de diamètre ! 

À notre grande surprise entre deux échoppes il y a même un dentiste, quand il reçoit un patient il tire le rideau probablement pour arrêter les microbes et pour qu'on ne voit pas la tête de celui qu'il soigne avec une roulette à courroies et entraînement par pédale ! 

A chaque fois que nous visitons ces marchés je suis toujours surpris par les étalages à même le sol où tout est bien rangé et ordonné, cela doit prendre un temps infini à installer et désinstaller en fin de marché pour le peu d'activité constatée et l'attente de tous les vendeurs qui regardent souvent leurs smartphones en attendant le chaland.

Après divers aller-retours dans le marché qui, à notre grande surprise, est particulièrement propre malgré la vétusté de la construction, nous enfourchons notre bolide pour aller boire, à quelques centaines de mètres,un autre café nettement plus cher et juste un petit peu meilleur sur la terrasse d'un maison birmane nickel chrome dominant la rivière, un endroit bien au calme où le soir on peut boire également une bière fraîche tout en admirant le coucher de soleil.

Le proprio, pas tout jeune mais bien conservé, arbore fièrement un T shirt où est inscrit
="100% CHAN", quand il a vu que je m'intéressais à une drôle de machine qui probablement doit servir à convertir du 110 en 220 volts, il s'est littéralement lâché, en me montrant ses épaules ou plutôt en tapotant le dessus de ses épaules (allusion aux épaulettes des généraux qui tiennent le pays !) à cause d'eux nous ne bénéficions que de 10% de l'électricité produite en Birmanie, ils vendent le reste à la Chine et s'enrichissent à tout va, en conclusion ajoute t il à côté de la leur, la fortune de TRUMP c'est de la rigolade ! Avec sa femme il vivote de son commerce et habite sa splendide maison en bois où les touristes comme nous viennent passer un petit moment, cela lui suffit me dit il, avant accessoirement il était guide donc il nous conseille efficacement avec plein de détails sur ce qu'il y a à voir dans les environs, j'en profite pour lui poser quelques questions sur ce que nous voyons au quotidien, notamment sur ces jeunes filles qui travaillent là la réfection des routes, en plein soleil, on n'ose pas leur sourire car on aura pas pour une fois un sourire en retour car elles charrient des sacs de graviers qu'elles jettent sur le goudron encore bouillant et fumant que vient de faire couler à l'arrosoir un jeune homme qui a comme seule protection des bottes en caoutchouc pourries et tout cela pour 3000 kyat par jour (2 euros !), elles sont de la campagne et cela leur permet de rapporter un peu d'argent à la maison ..... En Asie il est difficile de donner un âge aux gens, le matin même étonné par leur jeunesse apparente j'ai demandé à celles qui assurent l'entretien des chambres dans la gaité , la bonne humeur et en plus l'efficacité, quel était leur âge respectif : l'une avait 15 ans et l'autre 16 !!! Et c'est partout pareil pour un salaire de misère, aussi une petite gratification en partant fait toujours plaisir et est récompensée par un grand sourire.

Et l'heure de déjeuner arrive et là nous avons repéré à la limite de la ville, près d'un endroit appelé pompeusement "little BAGAN", un resto au calme dans un jardin où tout est simple, propre et bon, évidemment j'ai branché la patronne, une grand-mère adorable, à qui tous les jours je demande une salade d'avocats qui est sur le menu mais qu'elle n'a pas parce que ce n'est pas la saison, finit elle enfin par avouer, elle mène tout le monde à la baguette, elle a l'oeil sur tout dans une joyeuse ambiance, quand je lui demande un bouillon façon soupe CHAN mais sans tous les ingrédients, elle finit par venir goûter dans mon assiette ce que ça donne avec une cuillère propre évidemment, on y passe un bon moment à l'ombre avant d'aller faire les excursions conseillées sous une chaleur du diable.

Le soir, il faut prendre l'habitude de manger tôt car tout ferme très rapidement et la ville se vide sauf des chiens qui commencent à se réveiller avec la fraîcheur.



A SUIVRE.../...


  • Dernière mise à jour le 08/03/2017